Une soirée délirante à Ottawa !

Une soirée délirante à Ottawa !

Un mardi soir en Ontario …

Aujourd’hui, place à la légèreté et au fun à Ottawa !

Nous sommes en 2002 et Val, une amie, m’a proposé de l’accompagner au Canada, voyage du comité d’entreprise de sa société. Un tour d’une semaine au Québec.
Un Québec accueillant, chaleureux et magnifique. A peine 2 jours d’acclimatation ont suffit pour (presque) se familiariser à l’accent québécois à la fois charmant et déroutant, mais tellement chantant !

Nos papilles gustatives ont très vite adopté les spécialités du coin.

 

Pas une journée sans plonger la fourchette ou nos doigts dans une poutine : frites nappées de fromage en grain qui va généreusement fondre au contact de la chaleur d’une sauce à la viande.
Impossible également d’aborder un repas sans la fameuse smocked meat : viande fumée, pastrami ou jambon cuit, en sandwich ou en plat et nappée de sirop d’érable.
Quant aux desserts, on ne sait que choisir entre la traditionnelle forêt noire et le suçon à l’érable : sirop érable bouilli et bouillant versé en bande sur de la glace pour le refroidir. Puis on passe un bâtonnet dessus autour duquel la tire va s’enrouler. Ainsi nait la délicieuse sucette à l’érable !

Après ces considérations douces à nos palais, découvrons vite l’ambiance festive canadienne !
Le 3ème jour de notre périple nous mène en Ontario, une province voisine du Québec. Nous foulons donc avec joie le sol d’Ottawa, la capitale du Canada.

Tout le monde a bien récupéré du décalage horaire et notre petit groupe joyeux déambule à bons pas (expression québécoise) sur les larges trottoirs déserts à la recherche d’un pub.
JP, notre guide, toujours présent lorsqu’il s’agit de boire un verre, se joint à nous et nous conseille The James Street Pub, bonne adresse à Ottawa.
Notre petite troupe de gais lurons a bien l’intention de passer une soirée en totale détente, en immersion dans la faune locale.

Règle n° 1 : Etre entouré de complices joyeux, de bonne humeur et surtout, sympas
Règle n° 2 : Etre en compagnie d’un guide sympa ayant un léger penchant pour tout ce qui contient des molécules d’alcool
Règle n° 3 : Profiter simplement du moment présent et se laisser vivre au gré de la soirée
Règle n° 4 : Avoir envie de rire, s’amuser et l’ambiance fera le reste !

Un pub plein de surprises à Ottawa !

Nous traversons donc une vaste terrasse vide, avant d’entrer dans ce pub Canadien qui bouleverse toutes les conventions des pubs selon notre perception européenne. Sur la porte d’entrée, un grand panneau : Interdiction de fumer ! What ? (Je rappelle que nous sommes en 2002, pas encore d’interdiction chez nous)
Intervention solennelle de JP : en Ontario, on ne fume pas dans les pubs.

Ah… d’accord…

L’intérieur est spacieux et boisé. Le bar trône au centre de la pièce. Au fond, une scène minuscule et un groupe se produit dans un répertoire très rock.
Il n’y a pas foule dans cet établissement, 6 clients tout au plus sont disséminés au bar ou dans la salle.

Nous décidons d’investir 4 tables, à proximité de la scène. Je commence à les rapprocher  pour n’en faire qu’une … et là, le couperet tombe, ou plutôt, la voix de JP tombe : En Ontario, on ne bouge pas les tables.

Je bug et reste bouche-bée avec un air interloqué. Il m’explique alors, qu’en Ontario, la discipline est de rigueur.

Ah… d’accord…

Je comprends mieux pourquoi les jeunes Canadiens d’Ottawa préfèrent sortir dans les pubs Québécois (tout proches à la sortie de la ville) où tout est beaucoup plus libéral !

 

 

Une jeune serveuse vient prendre notre commande, une tournée générale de Guinness part illico presto. Je préfère rester dans le local avec une Molson, une lager légère et rafraichissante.

 

Alors que nous trinquons tous ensemble, les musiciens s’interrompent dans leur répertoire et nous interrogent sur notre nationalité. Ils sont 3 et paraissent déjà bien éméchés. Ils enchaînent musique, chopes de bière et verres de whisky que le patron déposent régulièrement sur les grosses enceintes.

Les notes grattées sur les guitares électriques reprennent et le chanteur crie entre 2 paroles de chanson vive la France ! Et vive Ottawa !
L’ambiance générale devient de plus en plus légère, détendue… et carrément chaude !

Le demi-litre de Guinness, les garçons de plus en plus délirants et hilarants, et nous les filles, nous partons dans des éclats de rire successifs déclenchés par des broutilles !

Lors de la 2ème tournée, JP dégaine son numéro de drague auprès de Val. Mais elle maîtrise dignement la situation et reste de marbre.
Puis le discours monte en intensité et JP dévoile son côté bucolique … avec le traditionnel couché de soleil au dessus des montagnes enneigées, la clarté du ciel étoilé …
10 minutes plus tard, il déverse une avalanche de compliments sur ses yeux et autres parties de son corps…

Je m’éclipse du plan drague de JP et rejoins mes copines dans le patio près de la scène. Elles fument quelques cigarettes tout en discutant avec le chanteur et le batteur qui sont en pause.
C’est là que je vis un quart d’heure d’anthologie emprunté à tous les films de science-fiction de la terre réunis !

Un musicien étonnant !

Lorsque le batteur apprend que je viens de Cannes, il se met en transe, vibre de tout son corps en renversant de la bière un peu partout et m’informe fièrement qu’il s’y était déjà rendu à l’occasion du Festival du Film. Mais le plus beau reste à venir…
C’est donc à ce moment qu’il nous raconte avoir assisté au tournage d’un court métrage, sur la plage, face au Palais des Festivals, au titre très prometteur :
Jésus Christ contre les lesbiennes  !!!

Gros silence… Pendant quelques secondes, nous sommes sonnées telles un boxeur qui vient se prendre un énorme uppercut !
Le temps de réagir et un énorme fou-rire commence à naître au niveau des entrailles, à s’amplifier et ne demande qu’à jaillir… Contrôle, contrôle, contrôle !

En franglais englué dans un lourd accent américain, le batteur nous dévoile ainsi le synopsis, tout en le vivant avec des grands gestes et des mimiques très expressives …
sus tenait sa croix sur l’épaule et courait sur la plage, poursuivi par un groupe endiablé de lesbiennes ! Il était redescendu sur terre pour les remettre sur le « droit chemin » mais s’est laisséborder. Puis les lesbiennes ont voulu l’attraper et lui faire tout un tas de choses pour se venger, des choses pas vraiment désagréables ! ….

Ah… d’accord …

Sur sa lancée, et toujours très sérieusement, Il continue son discours en nous révélant qu’il a également participé à des soirées Cannoises au top du top, pleines d’alcool, de drogues et en compagnie d’acteurs américains très connus (dont je tairai les noms, doutant quelque peu de la véracité des faits !).
Il a quand même tenu à rajouter qu’il ne s’est jamais drogué !!!

Ah… d’accord…

De retour à l’intérieur, nous nous empressons de partager ces moments de méga délire à Val et à Olivier, j’ai mal au ventre de rire !

Divagations…

L’heure passe et le pub devient de plus en plus chaud bouillant. Les garçons attaquent leur 3ème Guinness et notre guide JP, dégoulinant de sueur alcoolique, change de tactique.
S’étant heurté au désintérêt amoureux de Val, il débute maintenant sa psychothérapie amoureuse auprès de ses oreilles compatissantes. Je souris face à la mine dépitée de Val.

Un habitué du bar est affalé sur le comptoir et nous fixe de ses gros yeux ronds et globuleux. Trois filles sont installées à proximité de notre table. L’une d’elles s’approche de moi et me demande dans un anglais très patate chaude dans la bouche, Where are you from ?
Et là, ce fut comme une révélation ! Je ne sais pas si les bières ont contribué à m’ouvrir l’esprit, mais quoi qu’il en soit, je saisis tout ce qu’elle me dit, y compris qu’elle vient de Vancouver (mot qui n’a pas du tout la même prononciation en anglais !).
Je me surprends car normalement, il me faut un certain temps d’adaptation pour tenter d’assimiler une phrase emprunte de cet accent très nasillard. Nous partageons maintenant un agréable moment, encore une fois, très enjoué, avec ces trois filles rigolotes.

Les musiciens continuent de se déchaîner sur leurs morceaux rock et les ponctuent d’exclamations incompréhensives, compte-tenu de leur degré d’alcoolémie très avancé !
Je vais demander au chanteur d’interpréter One de U2, il me regarde avec étonnement et réplique No. It’s too difficult.

Ah… d’accord…

Il est maintenant l’heure de songer à rentrer, il est 0h45. Nous sortons à la recherche de 2 taxis qui se font rares à Ottawa !
Face à la réussite de ces 3 heures inattendues, nous sommes tous hilares et surtout enchantés de nous être immergés dans la culture locale !

Ce que je retiens de cette soirée déjantée dans un pub d’Ottawa, c’est que…
En Ontario, on est très rigide, mais qu’est-ce qu’on s’amuse !

The James Street Pub : 390 Bank Street – Ottawa
Pour un aperçu du pub, c’est par là !

Bien démarrer en québécois, c’est ICI

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